Nous sommes heureux de vous présenter l’ouvrage intitulé Le rapport à l’écrit, Habitus culturel et diversité, sorti tout récemment aux Presses de l’Université du Québec sous la direction de Carole Fleuret et d’Isabelle Montésinos-Gelet. Œuvre d’un collectif de 11 chercheuses et chercheurs, il puise ses racines dans un effervescent et captivant colloque tenu en 2010 à Montréal. Cette publication, qui s’adresse aussi bien aux spécialistes qu’au grand public, vise principalement à redonner ses lettres de noblesse à la dimension humaine et culturelle du périple scolaire et malmène avec bonheur le prisme réducteur et aliénant de l’unicité tant prisée par nos politiques en ce qui a trait au système éducatif. Mais, avant d’entrer dans le vif du sujet, nous souhaiterions tout d’abord mettre un petit coup de projecteur sur l’initiatrice de ce projet. Passionnée et très engagée au sein de la Faculté et de son unité de recherche (Langages, environnements, apprentissage et développement), Carole Fleuret est professeure adjointe à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. Elle détient un baccalauréat en orthopédagogie, une maîtrise en didactique du français et un doctorat en didactique du français de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur l’appropriation de l’écrit, et plus particulièrement sur le développement orthographique et sur l’étude des composantes sociocognitives et culturelles en jeu dans l’appropriation de l’écrit en langues première et seconde. Elle s’intéresse aux milieux multiethnique et plurilingue. Elle donne de la formation sur les orthographes approchées et sur la littérature jeunesse. À la lumière de cette petite biographie, nous pouvons mieux apprécier sa soif inextinguible de révéler et d’expliciter, par des enquêtes de terrain ou encore par des collectes de données empiriques, les interactions multiples et distinctes qui existent entre la socialisation primaire et la socialisation secondaire et le rôle crucial que peuvent jouer différents types d’enseignement dans l’appropriation des normes linguistiques. En effet, la mondialisation et les flux migratoires croissants nous poussent à repenser nos sociétés et à prendre en considération l’hétérogénéité du tissu social. L’école étant le premier lieu où s’illustre cette diversité, il devient impérieux d’enrayer notre fâcheuse tendance à la réification de l’enseignement. Nous ne pouvons plus continuer à l’appréhender selon une linéarité sociale; nous devons nous appliquer à comprendre « l’ensemble complexe de processus par lequel nous sommes à la fois agit et en train d’agir », comme dirait Pierre Bourdieu. Cet ouvrage a l’immense avantage d’ouvrir des perspectives nouvelles et encore peu explorées en matière de didactique. Il revisite et met en question la pertinence de nos standards pédagogiques actuels et nous permet de réviser et de modifier notre posture interprétative et institutionnelle.

Madame Carole Fleuret

Madame Carole Fleuret