
Quand un logiciel libre conçu à l’externe par un employé rejoint les intérêts des chercheurs et les objectifs internationaux de la Faculté d’éducation, une collaboration inédite et prometteuse se met en place…
Dominique Noisette, webmestre de la Faculté d’éducation, s’intéresse depuis longtemps à la gestion des écoles dans les pays en développement. Il a eu l’idée de lancer, de 2010 à 2012, un projet pilote auprès d’une centaine d’écoles privées en Haïti par l’entremise d’associations qui consacrent tout leur temps à la cueillette de renseignements pertinents pour leurs membres issus du milieu éducatif. Ainsi, chaque direction d’école s’est vu remettre par les associations un logiciel lui permettant de regrouper, de façon numérique, toute l’information importante concernant la gestion de l’école : bulletins scolaires, présences et absences des élèves, programmes de cours, évaluations des professeurs, etc. Selon Dominique, il y aurait autour de 104 modules. Même si septembre 2012 est la date limite de cette expérience, les retombées sont déjà notables, et elles font épargner beaucoup de temps et de travail. Non seulement ce logiciel aide à centraliser des renseignements souvent épars et fournis de façon manuelle – et dont la compilation nécessite un travail fastidieux de longue haleine – mais il permet aussi aux directions d’avoir un regard plus synthétique sur la gestion de leurs écoles grâce aux statistiques extraites. Elles peuvent ainsi déterminer rapidement et avec précision les forces et les faiblesses de leur établissement ainsi que les tendances éducationnelles qui s’en dégagent.
Fort de ce succès, Dominique Noisette a décidé d’élargir l’expérience à d’autres écoles pour tendre vers une standardisation de ce mode de gestion et favoriser les échanges et la collaboration entre les différentes écoles des pays en développement. Il faut savoir que ce logiciel gratuit, multilingue, multiutilisateur et multiplateforme fonctionne en réseau local aussi bien que par Internet, tout en permettant l’accès à distance. Le logiciel, du nom d’OTUS, offre également l’avantage unique d’être en tout temps programmable par son utilisateur en fonction des besoins éprouvés pendant la saisie d’information. Et le fait d’être un logiciel libre permet une collaboration plus riche et complémentaire entre les développeurs et les utilisateurs.
Mais, là où cette histoire devient vraiment passionnante, c’est lorsqu’elle rejoint, complète et précise le plan de développement à l’international de la Faculté d’éducation. En effet, toutes ces données, une fois croisées et converties sous forme de statistiques, deviennent une véritable mine d’or pour les chercheurs de la Faculté et permettent, de surcroit, d’améliorer les partenariats internationaux existants ou d’en établir de meilleurs dès le début. Elles orientent concrètement et justifient, par exemple, la formation continue des professeurs dans leur pays d’origine, voire en ligne. La Faculté dispose ainsi d’un matériel de recherche précieux qui pourra se révéler très profitable dans les prochaines années.
Pour l’heure, ce que l’on sait, c’est que Dominique Noisette présentera en mai prochain, au nom de la Faculté d’éducation, son logiciel aux instances du Ministère de l’éducation du Maroc. Quelles seront les retombées de ce voyage? La suite au prochain épisode!
