Au-delà de la salle de classe

Publié le vendredi 22 avril 2016

étudiants au Kitigan Zibi Kikinamadinan

Par Jesse Butler, Jennifer Rottman & Diyyinah Jamora

Depuis 2010, des candidats à la profession enseignante inscrits à la cohorte Développement d’une perspective globale pour enseignants et enseignantes (DPGEE) du programme Teacher Education ont la chance unique de travailler auprès d’élèves d’une communauté algonquine des Premières Nations.

L’école Kitigan Zibi Kikinamadinan de Maniwaki, au Québec, a été fondée en vue de répondre au besoin que ressentait la communauté de donner à ses jeunes une éducation conforme à la culture et au patrimoine algonquins de la Première Nation Kitigan Zibi dans toute leur richesse. Le personnel enseignant et administratif de l’école se compose de membres de la communauté locale des Premières Nations, et l’établissement incorpore de nombreux aspects culturels dans son programme d’études, dont l’immersion en langue algonquine dès le plus jeune âge.

Les futurs enseignants du de la cohorte DPGEE de 2014–2015 se sont rendus à l’école Kitigan Zibi Kikinamadinan en octobre 2014, puis ils ont accueilli des élèves sur le campus de l’université à la Faculté d’éducation, en décembre 2014.

«Nous avons vraiment aimé recevoir ces candidats à la profession enseignante parce que nous ne relevons pas d’une commission scolaire», explique Mme Judy Cote, directrice de l’école. «Les futurs enseignants donnent aux élèves l’occasion d’interagir avec des personnes extérieures à la communauté, et les enfants les adorent, tout comme ils adorent l’attention qu’elles leur accordent. L’enseignement est plus individualisé parce que les futurs enseignants sont si nombreux, ce qui encourage les élèves à apprendre.»

Cette visite dans la communauté a permis aux étudiants en éducation d’acquérir une expérience pratique au sein d’un milieu différent sur le plan culturel, éducatif et social. Ils ont organisé divers exercices de développement de l’esprit d’équipe et proposé une leçon interactive passionnante sur la chaîne alimentaire.

Les étudiants ont également invité un groupe d’élèves de Kitigan Zibi à venir assister, à l’Université, à une exposition consacrée aux sciences, aux mathématiques et à la langue. Pour bon nombre de ces élèves, c’était la première visite d’une université, et plusieurs ont exprimé leur souhait de poursuivre des études postsecondaires.

«Cette activité permet à nos étudiants de montrer ce que nous avons ici sur le campus et de démontrer que l’université n’est pas une tour d’ivoire à laquelle seules certaines personnes auraient accès. Elle favorise aussi l’ouverture d’esprit», précise le professeur Nicholas Ng-A-Fook, directeur du programme Teacher Education et de la cohorte DPGEE.

Pour l’exposition, les futurs enseignants ont conçu et animé des kiosques d’apprentissage en sciences, en mathématiques et en langue dans le cadre des cours qu’ils ont suivis. Au total, environ 60 élèves de la 4e à la 6e année, accompagnés de leurs enseignants, ont participé à cette activité qu’ils ont beaucoup aimée. Les futurs enseignants, quant à eux, estiment que ces interactions avec de jeunes élèves les ont amenés à mieux comprendre la pédagogie et l’exercice de la profession.

Cette journée a permis aux étudiants d’approfondir leurs relations avec les élèves et les membres du personnel de Kitigan Zibi, et d’être mieux sensibilisés à l’éducation des Premières Nations.

Selon le futur enseignant Aaron Jibbs : «Le travail auprès d’élèves de Kitigan Zibi m’a permis d’établir des liens authentiques avec des communautés et des perspectives différentes qui existent au Canada. Il m’a aussi donné l’occasion de faire l’expérience d’un programme d’études conçu en fonction de nouvelles considérations. Et en tenant compte de ces nouvelles considérations, on peut répondre aux besoins de l’apprenant, au lieu de le forcer à s’adapter.»

Chaque année, un certain nombre de candidats à l’enseignement font un troisième stage facultatif à Kitigan Zibi Kikinamadinan. Ainsi, au cours de la session du printemps 2015, plusieurs ont continué de se rendre régulièrement sur place pour développer leurs relations avec l’école et sa communauté.

«Nos futurs enseignants découvrent des manières innovantes d’enseigner l’histoire et ses diverses interprétations, en s’appuyant par exemple sur des outils technologiques et sur des pratiques efficaces. Il arrive que nos étudiants n’aient aucune idée de ce qu’il faut faire pour intégrer dans leurs leçons le savoir des Autochtones ou leurs perspectives historiques. À Kitigan Zibi, ils bénéficient des perspectives bien particulières du personnel enseignant des Premières Nations, qui font déjà un tel travail dans leur propre classe avec leurs élèves», précise M. Ng-A-Fook.

La cohorte DGPEE cherche avant tout à explorer des moyens d’intégrer de façon pertinente et originale les stratégies pédagogiques liées à l’éducation sur le développement coopératif international, à la justice sociale, à la paix et à l’éducation écologique dans les programmes d’études de l’Ontario. Les candidats à la profession enseignante admis au programme de baccalauréat en éducation sont invités à présenter une demande de participation à cette  cohorte spécialisée, qui exige de tous les participants qu’ils se livrent, en plus des cours et du stage, à un apprentissage par l’engagement communautaire.

Haut de page