En deuil des 215 enfants morts au pensionnat de Kamloops

Publié le mardi 1 juin 2021

Fond de tissu orange

Des gens partout au Canada pleurent les 215 enfants dont les restes ont été découverts sur le site de l'ancien pensionnat de Kamloops, dans la Première nation Tk'emlúps te Secwépemc en Colombie-Britannique. Leurs décès étaient souvent non enregistrés. Ils sont morts loin de leurs parents, de leurs familles et de leurs communautés. En tant que spécialistes de l’éducation, nous sommes horrifiés par cette atrocité ; de savoir que pendant plus de cent ans, jusqu’à un passé récent, des enfants ont été négligés, maltraités, assassinés, sont morts et ont disparu dans le cadre d'un programme systématique de génocide culturel perpétré par des écoles. En tant que parents, frères et sœurs, ou enfants, nous pleurons tous leur perte.

Des membres de notre Faculté et de notre communauté universitaire sont des survivant.es intergénérationnel.les des pensionnats. Les nouvelles de cette semaine ont sûrement déclenché de nombreux souvenirs difficiles et toutes les émotions et les traumatismes qui les accompagnent. A vous, nous offrons notre solidarité et notre engagement à ne jamais oublier. En 2019, un groupe d'entre nous s’est rendu à Kitigan Zibi pour apprendre des Aînés et des survivants l'impact des pensionnats sur leur communauté. Nous avons visité le monument commémoratif qui nomme chaque membre de la Première nation Kitigan Zibi Anishnaabeg qui a été envoyé dans les pensionnats. Nous avons appris que l'impact ne fait pas seulement partie du passé, mais fait partie intégrante du présent.

Le passé façonne le présent et nous n'avons pas encore pleinement reconnu le passé en ce qui concerne le système des pensionnats. S'attaquer à un tel traumatisme intergénérationnel et à la violence continue du colonialisme est important pour nous, la Faculté d'éducation de l'Université d'Ottawa. Notre université a été fondée par les Oblats, qui ont formé ceux qui administraient et enseignaient au sein du système des pensionnats. Les systèmes d'éducation au Canada, y compris notre Faculté, s'efforcent de changer, mais dans bien des cas, ils n'ont pas encore pleinement adhéré à la réconciliation. Les appels à l'action lancés par la Commission de vérité et réconciliation il y a près de six ans sont loin d'être mis en œuvre, à l'échelle nationale, provinciale ou locale. Beaucoup d'entre eux concernent directement l'éducation.

Le présent façonne l'avenir et nous avons toutes et tous un rôle à jouer. En tant que personnel enseignant, spécialistes de l’éducation et chercheur.es, nous devons redoubler d’efforts pour repenser l'enseignement, les écoles et les programmes d'études pour assurer des relations positives, réciproques et éthiques avec les nations et peuples autochtones et tous ceux qui vivent ici sur l'île de la Tortue. À la Faculté d'éducation, des travaux sont en cours pour rédiger un plan d'action afin d'établir et d'orienter nos activités futures. Nous serons toutes et tous appelé.es à y contribuer.


Décanat, Faculté d'éducation

Richard Barwell, doyen

Francis Bangou, Vice-doyen, gouvernance et aux affaires étudiantes

Isabelle Bourgeois, Vice-doyenne, recherche et développement

Raymond Leblanc, Vice-doyen par intérim aux programmes d'études de premier cycle

Nicholas Ng-A-Fook, Vice-doyen aux programmes d'études de 2e et 3e cycles

 


Ressources :

Indian Residential School Survivors Society - ligne de crise 24/7

Project du coeur,  une initiative de la Faculté d'éducation

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