Inégalités socio-scolaires et relations de pouvoir

Publié le mercredi 9 février 2022

Série de symposiums internationaux. Carte des continents et des connexions numériques

 

Série de symposiums internationaux 2022

Ce symposium s’inscrit dans le cadre du rapprochement scientifique opéré entre le groupe de recherche Éducation et langues de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa (EducLang) et le Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Éducation et Formation de l’Université de Montpellier (LIRDEF) pour croiser des regards franco-canadiens sur le thème général de la diversité linguistique et culturelle, qu’elle soit en lien avec la question des populations migrantes ou non, prise notamment dans ses dimensions éthique, affective, sociale et éducative.

En mars 2021, un premier symposium déclina cette thématique en réunissant des interventions consacrées aux enjeux des langages dans l’accueil des populations migrantes. Ce symposium centré sur les inégalités socio-scolaires et relations de pouvoir, prolongera les réflexions menées au cours du premier symposium.

Cet événement sera animé par Francis Bangou, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa et Brahim Azaoui, maître de conférence à l’Université de Montpellier. Cet évènement se déroulera en français.

Date : 16 mars 2022

Heure : 10 h 00 à 12 h 00 HNE

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@uOttawaEdu #uOttawa.


Programme


10 h - 10 h 05

Installation des participants et participantes dans la salle virtuelle

 

10 h 05 - 10 h 10

Message d’accueil des animateurs du symposium

 

10 h 10 - 10 h 30

Dans quelle mesure les classes Passerelle, en France, contribuent-elles à la réduction les écarts d'acquisition et de socialisation?

Frédéric Torterat, professeur, LIRDEF, Faculté d'éducation, Université de Montpellier

Yves Soulé, maître de conférences, LIRDEF, Faculté d'éducation, Université de Montpellier

Résumé : Cette communication interroge la mesure dans laquelle le dispositif « Passerelle », en France (Villain & Gossot, 2000 ; Torterat et al., 2019), accroît les chances de réussite des élèves du pré-élémentaire, en systématisant un rapprochement de l’École tant avec les familles qu’avec d’autres acteurs sociaux (travail social, assistance maternelle et santé). Concrètement, de nombreux travaux établissent que les conditions d’accueil inclusives du jeune enfant, au cours des 20-26 à 40 mois qui suivent sa naissance, influencent de manière significative ses capacités à entrer dans les premiers apprentissages littéraciés (Maso-Taulère, 2005 ; Delahaye, 2015 ; Hackett et al., 2020). Au cours de cette période, les collaborations, au sein du pré-élémentaire, entre les familles et les acteurs sociaux de la Petite Enfance constituent un facteur déterminant, tant pour la socialisation de l’enfant que pour ses acquisitions cognitivo-discursives (Hudelot et al., 2010 ; Canut, Masson & Leroy, 2018). La présente étude, d’approche empirique, nous conduira à exposer les résultats d’une recherche collaborative conduite de 2017 à 2021 à partir des indicateurs permettant d'établir que les effectifs de la classe Passerelle, généralement issus de contextes socialement vulnérables, entrent en élémentaire avec des scores comparables aux scores médians observés sur la globalité des élèves.

 

10 h 35 - 10 h 55

Gestes professionnels et diversité ethnolinguistique : les défis éducationnels en milieu minoritaire

Carole Fleuret, professeure titulaire, Faculté d'éducation, Université d'Ottawa

Résumé : En contexte francophone minoritaire, les enjeux autour des élèves immigrants restent de taille, compte tenu du contexte sociolinguistique qui prévaut. La peur de l’assimilation vers l’anglais sclérose la vision d’une francophonie plurielle et laisse très peu de à la diversité ethnolinguistique. Dans cette présentation nous voulons discuter des agirs enseignants, de la portée du geste professionnel dans l’appropriation de la langue de scolarisation dans les écoles francophones de l’Ontario.

 

11 h 00 - 11 h 20

Comment les élèves du primaire en immersion française au Canada perçoivent-ils l’utilité de la littérature jeunesse bilingue ?

Joël Thibeault, professeur agrégé, Faculté d’éducation, Université d’Ottawa

Résumé : Lors du dernier colloque réunissant l’Université d’Ottawa et l’Université de Montpellier, nous avons présenté les résultats d’une recherche portant sur l’utilisation, par des élèves du primaire en immersion française, de livres bilingues français-anglais. Si, pendant ce dernier évènement, nous avons focalisé notre attention sur les stratégies de lecture qu’ils ont déployées au moment de lire de telles œuvres (Thibeault et Matheson, 2021), cette fois-ci, nous nous pencherons plutôt sur l’utilité que perçoivent ces jeunes lecteurs à l’égard de ce médium. La perception de l’utilité, composante incontournable de plusieurs modèles théoriques visant la description de la motivation des élèves à apprendre un contenu donné (Fréchette-Simard, Plante, Dubeau et Duchesne, 2019), servira dès lors de tremplin afin de comprendre la relation socioaffective qui peut unir les apprenants du primaire avec la littérature bilingue et de proposer des pistes didactiques pour que les enseignants l’intègrent à leurs pratiques en contexte éducatif bi/plurilingue. Plus particulièrement, grâce à une présentation de données issues d’entretiens individuels réalisés auprès d’élèves à la suite de leur lecture de livres bilingues, nous verrons notamment que, pour eux, de tels ouvrages leur donnent l’occasion d’aller au-delà de la culture monolingue qui prévaut dans les classes d’immersion (Cormier, 2018) et de mettre ainsi en relation les langues qui composent leur répertoire linguistique.

 

11 h 25 - 11 h 45

Communication interpersonnelle d’enseignantes et enseignants de première année du primaire avec des élèves fragiles dans des classes efficientes en écriture : un indicateur d’équité de l’enseignement ?

Hélène Castany-Owhadi, maîtresse de conférences, LIRDEF, Faculté d'éducation, Université de Montpellier

Résumé : La communication en contexte scolaire est inégale : l’enseignant occupe une position haute et sa prise de pouvoir est une condition pour pouvoir enseigner. Le pouvoir n’étant pas un attribut des acteurs mais une relation d’échange, donc de négociation entre des individus, nous nous intéressons aux interactions didactiques dans le cadre d’une étude exploratoire à visée descriptive : nous étudions la communication interpersonnelle de deux enseignants expérimentés de première année du primaire dans deux classes efficientes en écriture issus de notre corpus de thèse, les données provenant de la recherche Lire et Ecrire au CP. Notre cadre d’analyse se réfère à la linguistique conversationnelle à partir de l’étude des marqueurs de l’axe « horizontal » (proximité/distance) et de l’axe « vertical » (égalité/hiérarchie). L’analyse de ces  « relationèmes » permet de mettre en évidence que les enseignants de notre étude n’exercent pas une forme d’ « autorité autoritariste » envers les élèves fragiles mais une « autorité éducative » qui les engage dans une relation d’influence : ceux-ci sont pris en compte en tant qu’auteur, la gestion de la relation interpersonnelle étant en permanence négociée avec un souci de ménagement des faces, un principe d’éducabilité porté par ces enseignants ainsi qu’une proximité dans les échanges.

 

11 h 45 - 12 h 00

Questions et commentaires 

Allocution de clôture

Brahim Azaoui, maître de conférences, Faculté d'éducation, Université de Montpellier

Francis Bangou, professeur agrégé, Faculté d'éducation, Université d'Ottawa


Biographies


Hélène Castany-Owhadi est maitresse de conférences en Sciences du Langage à la faculté d’éducation de l’Université de Montpellier (site de Perpignan), rattaché au LIRDEF. S’inscrivant à la croisée de la linguistique, de la didactique du français langue première et du courant de l’analyse du travail enseignant, ses travaux s’intéressent aux interactions didactiques dans les premiers apprentissages de l’écrit dans le cadre de deux dispositifs : l’atelier de production d’écrits et la révision collective d’écrits sur TBI. Elle s’est particulièrement intéressée à la reformulation orale dans le cadre de sa thèse ainsi qu’à l’équité de l’enseignement. Elle est d’ailleurs membre du réseau RESEIDA.

Carole Fleuret est professeure titulaire à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. Elle a un Ph.D et une maîtrise en sciences d'éducation, option didactique du français, ainsi qu’un baccalauréat en orthopédagogie de l'Université de Montréal. Ses recherches portent sur la didactique des langues secondes, sur les répertoires plurilittératiés et sur le plurilinguisme. Elle mène des études sur l’appropriation de l’écrit, entre autres, sur le développement orthographique et sur les composantes sociocognitives et culturelles en jeu dans la socialisation à l’écrit auprès des populations minorisées, dans une perspective interculturelle. Elle s’intéresse également aux différents modèles de service d’accueil pour les nouveaux arrivants.

Yves Soulé est maître de conférences en sciences du langage à la Faculté d'Education de l'Université de Montpellier. Membre du LIRDEF, il a participé à l'élaboration du modèle des gestes professionnels et du multiagenda de l'enseignant sous la direction de D. Bucheton. Il s'intéresse au développement du langage à l'école maternelle, au travail verbal de l'enseignant, à l'articulation entre didactique disciplinaire (lecture-écriture, littérature) et didactique professionnelle (analyse de l'activité).

Joël Thibeault est professeur agrégé à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et professeur auxiliaire à la Faculté d’éducation de l’Université de Regina. Dans le cadre de sa recherche, il s'intéresse notamment à l'enseignement et à l'apprentissage de la grammaire en contexte francophone minoritaire, à l'utilisation de la littérature de jeunesse dans l'enseignement des conventions linguistiques et à la didactique intégrée du français et de l'anglais. À cet égard, il a obtenu une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada qui lui permet de réaliser une recherche d’envergure sur l'enseignement intégré de la grammaire du français et de l’anglais.

Frédéric Torterat est professeur à l’Université de Montpellier et directeur adjoint du LIRDEF. Il mène depuis 2008 des travaux sur les processus d’acquisition et de socialisation du jeune enfant. Il s’intéresse parallèlement aux parcours, aux représentations et aux discours des acteurs sociaux intervenant dans ce domaine.

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