S’entraider à réussir

Publié le vendredi 22 avril 2016

Michel Laurier, Liliane Lukusa, Emmanuel Duplàa

Par Sophie Coupal

En enseignement, personne ne peut mieux comprendre ce que l’on vit que quelqu’un qui est passé par là.

La diplômée Liliane Lukusa (B.Éd. 2014) en sait quelque chose. Lors d'un stage du programme de formation à l’enseignement de l’Université d’Ottawa au campus du collège Glendon à Toronto, elle a fait connaissance avec une aide-enseignante qui venait d’être admise en enseignement à l'Université. Heureuse de rencontrer une étudiante qui suivait le programme d'études auquel elle-même se destinait, la femme en a profité pour poser toutes ses questions à Liliane.

« Elle s’inquiétait de la charge de travail, des attentes dans les différents cours, du fait que c’était la première fois qu’elle reprenait ses études après un certain temps d’arrêt », se rappelle Liliane, qui s’est fait un plaisir de répondre à toutes les questions de sa collègue autour d’une crème glacée. « J’ai vu que ça l’avait rassurée. Ça m’a fait penser que moi aussi, j’aurais aimé que quelqu’un soit là pour me guider au début. »

Cette discussion a amené Liliane à penser à un projet concret d’entraide. Quelques mois plus tard, elle créait le Projet Alliance, un programme de jumelage informel et volontaire entre les finissants et les nouveaux étudiants du programme de formation à l’enseignement.

« L’idée, c’est vraiment de guider l’autre. C’est un partenariat professionnel et un réseau d’entraide », explique cette native de la Belgique arrivée au Canada en 2001, après avoir habité en Tunisie et en Suisse. Fraîchement diplômée, elle enseigne déjà à temps plein dans une école de Toronto et mentore elle-même une étudiante.

Pour Danielle Higgins, coordonnatrice du programme de formation à l’enseignement à Toronto, Liliane est un bel exemple du genre d’esprit d’initiative qu’elle encourage. Il faut dire que dans ce programme francophone d’une centaine d’étudiants, dont plus de 60 % sont de nouveaux arrivants, le soutien des pairs et le réseau professionnel ne sont pas des luxes, mais des nécessités de premier ordre.

« En donnant un peu de soi-même, on peut accomplir de grandes choses et contribuer à la communauté, explique Danielle. On encourage les étudiants à s’investir, à faire beaucoup avec peu. La clé, dans une communauté francophone en milieu minoritaire, c’est d’apprendre à être autonome. » 

Danielle, qui a aidé Liliane à monter son projet, a rapidement eu l’idée d’y greffer une autre initiative, mise sur pied par l’étudiante Jennifer Assaly-Damiany. Celle-ci avait créé une communauté virtuelle Google Plus pour donner aux membres de sa cohorte un moyen simple d’échanger des ressources et de garder le contact pendant leurs stages. Grâce à la fusion des deux projets, mentors et mentorés ont gagné une plateforme d’échange extraordinaire, et les camarades de classe de Jennifer, une source incroyable de conseils et de soutien.

Que ce soit pour échanger de bonnes pratiques, se préparer à des entrevues ou trouver réponse à des questions, cet espace de collaboration en ligne vient combler un réel besoin. Et si quelqu’un trouve de bonnes ressources en français ― parfois une denrée rare! ―, c’est l’endroit tout indiqué pour les faire connaître aux autres.

Le Projet Alliance compte maintenant une quarantaine de mentorés répartis entre une trentaine de mentors. Et pratiquement tous les étudiants à temps plein de la cohorte 2014-2015, de même que certains enseignants, utilisent la communauté Google Plus de Jennifer.

« J’espère déjà élargir cette communauté virtuelle dans les prochaines années pour y inclure d’autres diplômés, enseignants et intervenants. J’y vois de belles perspectives d’avenir », explique Danielle Higgins, convaincue que de tels projets permettront d’ancrer encore plus profondément le campus de Toronto et ses étudiants dans la communauté francophone de l’enseignement du sud de l’Ontario.

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